Wes Montgomery

Un article de Unplugged Cafe.

Jump to: navigation, search
image:logojazz.jpg
+ de Wes Montgomery
Discographie
Pages liées
Jouer comme l'artiste
+ de Jazz

Albums
Guitaristes
Bassistes
Festivals

Comptoir mélomanes
Accueil
Proposer article
Jazz

Sommaire

En bref

  • Guitariste, compositeur américain
  • 1925-1968
  • Guitare préférée: Gibson L-5CES

Biographie

John Leslie Montgomery est né le 6 mars 1923 à Indianapolis (USA). Passionné de musique dès son plus jeune âge; la situation financière de ses parents l'empêche malheureusement de pouvoir suivre des cours de solfège. Wes ne saura d'ailleurs jamais lire ni écrire une partition de sa vie! Malgré tout, la musique reste très importante pour le petit John qui pourra enfin mettre en pratique son talent lorsque son frère, en 1935, lui offre son premier instrument: une guitare à quatre cordes qui ne lui donnera pourtant pas encore l'envie de progresser, si ce n'est gratouiller quelques morceaux de Django Reinhardt ou de Les Paul.

Coup de foudre pour le jazz

C'est à l'âge de 19 ans que celui qui ne tardera pas à se faire appeler Wes a la révélation en écoutant Solo Flight de Charlie Christian. Bouleversé, il court dès le lendemain acheter sa 1ère guitare électrique pour 350$. Conscient du prix de son investissement, il s'entraîne sans relâche jusqu'à être capable de restituer à la perfection les solos de son idole. Wes apprend la guitare en autodidacte en essayant de reproduire au mieux le son qu'il entend sur ses disques. Pourtant, un petit problème se pose... Wes veut éviter de déranger ses voisins. De plus, il ne supporte pas le fait de jouer avec un plectre. Qu'à cela ne tienne! Il dévellope alors un style tranquille et unique en utilisant simplement la partie souple de son pouce (même pas ses ongles!) au lieu d'un plectre ou de ses doigts, ce qui lui confère déjà cette touche différente; et parvient malgré tout à compenser cet handicap par une pratique assidue.

Après seulement un an d'entraînement intensif, il est propulsé sur la scène du "440 Club" à Indianapolis où il joue dans différents groupes. Mais il faut attendre 1948 pour que Wes ait enfin un public à l'échelle nationale. Il rejoint en effet Lionel Hampton et son groupe enchaînant enregistrements et tournées. Même si Hampton admire le jeune guitariste à qui il laisse une large place de manoeuvre, Wes quitte rapidement le groupe. Lui qui a une peur bleue de l'avion s'use rapidement en se déplaçant en voiture aux quatre coins des USA. Par ailleurs, soucieux de revoir sa ville natale, il retourne à Indianapolis au début des 50's. Mais même en se produisant tous les soirs sur scène, Wes ne peut subvenir aux besoins des 8 personnes qui occupent la maison familiale; c'est la raison pour laquelle il part travailler à l'usine entre 7h et 15h. Vient ensuite l'heure de jouer dans un premier club, entre 21h et 2h, avant d'enchaîner dans un autre bar nommé le "Missile Room" jusqu'à 5h du matin.

Mais cet emploi du temps surchargé n'est pas sans dommages sur la santé de Wes qui, à cette époque, est très souvent sujet à des pertes de conscience. C'est pourquoi, afin de mettre un terme à ses difficultés financières, il décide, à partir de 1957, d'aller jouer en Californie avec ses frères Buddy (au vibraphone) et Monk (à la basse) qui forment à eux deux les Mastersounds. En trois ans, il les accompagnera ainsi sur 5 albums.

La rencontre avec Adderley

The Incredible Jazz Guitar...
Agrandir
The Incredible Jazz Guitar...
Tout change le 7 septembre 1959 où Wes rencontre le saxophoniste Cannonball Adderley de passage à Indianapolis pour un concert. A la fin du concert, Wes l'invite à venir le voir jouer au "Missile Room" où Adderley va être tellement impressionné par la technique du jeune guitariste qu'il le fait aussitôt signer chez sa maison de disques "Riverside Records". Dès lors, Wes part à New York enregistrer son premier disque en trio, simplement intitulé "The Wes Montgomery trio" qui, même s'il ne reçoit qu'un accueil mitigé, pose les bases de l'album suivant "The Incredible Jazz Guitar Of Wes Montgomery" (1960) qui cette fois-ci va lui attirer une notoriété nationale. Cet album est d'ailleurs encore considéré comme l'un de ses meileurs si ce n'est son meilleur album; et ce n'est pas un hasard si le titre West coast blues sera ensuite repris par des artistes tels que Sonny Rollins ou C. Adderley...

Wes travaille ensuite avec de nombreux artistes tels que Ron Carter, Wynton Kelly, Hank Jones, ou encore ses deux frères. Tous ces albums lui attirent une attention considérable et Montgomery devient rapidement un des guitaristes de jazz les plus convoités et respectés. C'est ainsi qu'en 1961, il est invité par John Coltrane pour l'accompagner lors du festival jazz de Monterey. A la suite du concert, Coltrane veut engager Wes comme membre permanent de son groupe mais celui-ci refuse par crainte de ne pas être à la hauteur d'un des plus grands jazzmen de tous les temps. Il retourne alors jouer dans les clubs d'Indianapolis délaissant les studios pendant plus d'un an.
Ce n'est qu'en 1962 qu'il revient sur le devant de la scène, au sens propre comme au figuré, au "Tsubo Coffee House" à Berkeley. Ce jour-là, le Mile Davis Group est de passage. Wes propose alors à la section rythmique de Miles de le rejoindre sur scène. Accompagné de Paul Chambers (basse), Jimmy Cobb (batterie), Wynton Kelly (piano), sans oublier le saxophoniste Johnny Griffin, il enregistre l'album "Full House", qui capture enfin son talent à chaud. Le résultat est à la hauteur du 2ème album: c'est un chef-d'oeuvre qui lui vaudra d'ailleurs pour la 3ème année consécutive (et qu'il aura aussi en 1963) le prix de meilleur guitariste de jazz décerné par le magazine "Downbeat".

La voie du jazz commercial

Avec "Fusion" (1963), Wes opère un changement radical dans sa carrière en faisant appel à un orchestre à cordes ce qui n'est pas du goût des puristes, mais qui élargit malgré tout le public non amateur de jazz. La plupart des critiques de l'époque considérant même cette musique comme simple musique de supermarché. Ce disque marque aussi la fin des grands classiques de jazz. Les productions suivantes seront pour la plupart désormais marquées par la présence d'un large orchestre (violons & co) et de reprises de tubes pop qui font contraste avec ses albums précédents souvent interprétés dans les traditionnels quatuors ou en quintettes.

California Dreaming et l'époque Verve
Agrandir
California Dreaming et l'époque Verve
En 1965, Wes signe un contrat avec "Verve" qui transforme complètement son style. A cette époque, il a 7 enfants et une femme à nourrir. Verve poussera Wes à créer des albums qui attirent toujours plus d'auditeurs et toujours plus de dollars. A l'instar de "Fusion", il enregistrera d'autres albums avec de larges sections à cordes. A la fin de sa carrière, il n'est d'ailleurs pas rare de voir Wes jouer un même refrain sur une ou deux octaves laissant un orchestre remplir le reste. Néanmoins, ces succès commeciaux lui permettent enfin de mener un train de vie confortable. Par aileurs, il se rend populaire même en dehors de la communité jazz et n'a donc plus aucun mal à trouver de scène. La même année, il part ainsi jouer en Europe où il alterne clubs locaux et festivals en Angleterre, en Espage et ailleurs...

En 1966 et 67, il parvient tout de même à obtenir un prix de la part de "Downbeat". Il obtient même un Grammy en 1966 pour la meilleure performance jazz instrumentale grâce à Going out of my head extrait de l'album du même nom, même si les puristes considèrent ce titre comme un déchet. A cette époque, malgré une longue série d'albums à fort succès commercial tels que "Movin' Wes" (1964), "Bumpin'" (1965), "Goin' Out Of My Head" (1965) ou encore "A Day In The Life" (1967)..., il lui arrive de jouer encore occasionnellement du jazz dans des petits groupes avec ses frères mais aussi avec Wynton Kelly, Herb Alpert, Harold Mabern... mais la cash-machine tourne à plein régime.

Fin de carrière

Pourtant, Wes doute peut-être déjà un peu de cette nouvelle direction musicale. Sa popularité acquise en fin de carrière donne pourtant une certaine légitimité à sa musique et cela malgré les critiques pas toujours bonnes. Mais jouer un registre commercial empêche aussi l'artiste de revenir à un style qu'il jouait quelques années plus tôt. En tout cas, malgré ces sentiments ambivalents, Wes peut enfin profiter de sa richesse tant méritée et de sa famille qui reste la priorité de sa vie.

Le 15 juin 1968, au sommet de sa carrière, il meurt d'une attaque cardiaque à son domicile. Même si ses proches le savaient malade, sûrement après la vie trépidante menée durant sa jeunesse, il n'y avait de toute façon plus rien à faire.

Le décès de Wes Montgomery laisse un trou gigantesque dans le monde du jazz et de la guitare. Aujourd'hui encore, il reste un guitariste d'exception dont l'influence, déjà importante sur ses contemporains, se prolonge encore. Le style hautement personnel de Montgomery développé délibérément à partir de celui de Christian, a rangé au placard des artistes au style plus ancien tels que Django Reinhardt. Christian à son tour se trouve dépassé par son élève. Wes est passé de l'autre côté, de celui des légendes...

--Cédric

Multimédia

Full house live - Premier enregistrement sur Full House | Voir plus de vidéos de l'artiste...

L'addition

"L'addition" est le livre d'or des mélomanes. N'hésitez pas à ajouter ci-dessous vos recommandations. Quels albums de Wes Montgomery recommandriez-vous à un autre mélomane? Quels guitaristes ont un jeu proche pour celui qui veut aller plus loin?
Chacun est libre de rédiger son petit paragraphe. N'oubliez pas de signer ;-)