Mahavishnu Orchestra: Apocalypse
Un article de Unplugged Cafe.
| Apocalypse | ||
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| CD par Mahavishnu Orchestra | ||
| Année de sortie | 1974 | |
| Genre | Jazz | |
| Durée | min | |
| Producteur | [[]] | |
| Label | Sony Jazz | |
| Retour à la discographie de Mahavishnu Orchestra | ||
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Titres
1. Power of love 2. Vision is a naked sword 3. Smile of the beyond 4. Wings of karma 5. Hymn to him
Critiques
Critique Webmaster
Mahavishnu McLaughlin voulait prolonger l'aventure mais avec de nouveaux membres. Voici donc la 2ème version de son orchestre. Fidèle à son nom, telle une force tranquille, John Mahavishnu tente ici de repousser encore plus loin les frontières des genres. Après avoir fusionné jazz et rock au grand dam des puristes, il y ajoute ici un 3ème élément: le classique. C'est donc accompagné de l'orchestre symphonique de Londres qu'il nous dessine sa vision de l'apocalypse. Dès l'introduction de Power of love, on baigne clairement dans la musique classique. On y trouve en effet la guitare acoustique en point central avec l'orchestre symphonique en accompagnement. Pourtant, tout cela n'est qu'apparence ou plutôt transition dans cet ensemble de blocs imbriqués les uns dans les autres. Car l'album enchaîne indifféremment passages classiques ou jazz avec solos rock. Il ne semble plus exister aucune règle. L'harmonie est parfois inexistante et le jeu de Mahavishnu est imprévisible. On ne sait jamais quand la guitare va démarrer et quand elle va cesser de jouer. La partie symphonique est dans l'ensemble sombre et difficile d'accès. Ainsi, sur Vision is a naked sword, il faut passer le stade des 3 minutes pour entendre la guitare dont la sonorité se fond avec le synthé pour former un cocktail hallucinatoire. Sur ces 5 morceaux dont la durée peut atteindre le quart d'heure, ce sont donc les violons qui jouent le premier rôle en introduisant les improvisations à la guitare. Et c'est alors que, de cette grandiloquence classique, cette dernière fait son apparition en solo; à l'instar du final Hymn to him, monumental tant par sa durée et que par sa variété musicale. A l'opposé, sur Smile of the beyond, c'est la voix qui est au premier plan avant d'être mélangée à la guitare solo qui passe presque pour une furie au milieu de ce calme ambiant. S'il fallait résumer cet album, je dirais qu'il s'agit de l'impossible rencontre entre classique et rock. Oubliez tout ce que vous avez entendu précédemment. Ce CD pousse la fusion là où personne ne l'attendait. Cela a de quoi dérouter mais chaque morceau est tellement riche qu'on a finalement l'impression d'entendre plusieurs titres.
L'oeuvre est opaque et complexe. Là où le Mahavishnu originel s'était arrêté, John, avec une audace incroyable, explore encore plus loin les limites des genres. Cet album n'est pas un chef d'oeuvre absolu, mais mérite d'être écouté pour son statut de précurseur dans la fusion entre jazz-rock et classique. Un album intemporel qui, même 25 ans après sa sortie, impressionne toujours autant.
--Cédric



