Hank Marvin
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En bref
- Guitariste, compositeur britannique
- 1941-
- Guitare préférée: Fender Stratocaster
- Membre du groupe The Shadows
- Un hit à écouter: Apache
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L'addition
"L'addition" est le livre d'or des mélomanes. N'hésitez pas à ajouter ci-dessous vos recommandations. Quels albums de Hank Marvin recommandriez-vous à un autre mélomane? Quels guitaristes ont un jeu proche pour celui qui veut aller plus loin?
Chacun est libre de rédiger son petit paragraphe. N'oubliez pas de signer ;-)
Brian Robson Rankin, alias Hank Marvin, est né le 28 octobre 1941 à Newcastle en Grande Bretagne. Leader du groupe de rock The Shadows, il s'est illustré pour son jeu fluide aux confins du rock'n'roll et de l'easy-listening. Moins connu sur le continent que d’autres guitaristes anglais, Hank Marvin doit cette relative désaffection à la très grande popularité du groupe dont il était membre, les Shadows. Pionnier d’un rock instrumental très mélodique, le groupe anglais déclencha les passions en Europe dans la première partie des années soixante. Au fil de tubes comme Apache, F.B.I., Wonderful Land, Foot-Tapper, tous les guitaristes en herbe se mirent à imiter le son et le jeu de Hank Marvin, jusqu’à la caricature. C’est véritablement avec lui et son groupe que la guitare devint aussi populaire en Europe et la voix du rock. Imaginez que des gens aussi différents que Ritchie Blackmore, Neil Young (cfr la chanson "From Hank to Jimy"), Mark Knopfler, David Gilmour, Pete Townshend, Mike Oldfield, Jean-Pierre Danel, Frank Zappa (premier album des "Mothers of inventions")Laurent Voulzy, Yves Simon, Afrikaa Bambaataa ou Dan Ar Braz ont été influencés d'une manière ou d'une autre par l'écoute de disques des Shadows. Et il ne s’agit là que quelques exemples: Hank Marvin a sans doute été le guitariste blanc le plus influent des années soixante. Rien que pour cela, il mérite sans doute l'estime et l'intérêt. Très « cocoonés » par un management paternaliste, les Shadows suivirent une direction musicale proche de la variété grand public ("easy listening") dès la moitié des années soixante. A cet égard, il faut voir sur « You tube » les participations de Hank marvin aux shows de Cliff Richard ou d’autres vedettes de la BBC à la fin de cette décennie et début de la suivante, passantde sketchs loufoques (inspirés des frères Marx) à l’interprétations de quelques-uns de ses succès ou de standards de l’époque. Pour des ados amateurs radicaux de gens comme Dylan, les Stones ou les Beatles, ou des guitaristes de hard rock, c’était tout simplement hors de propos. Les Shadows perdirent ainsi le contact avec les nouvelles générations qui ne purent se reconnaître dans ce groupe de pères tranquilles.
Leur participation au concours eurovision en 1975 surprit tous ceux qui, sur le continent, gardaient de ce groupe l'image du premier groupe de rock européen... Hank Marvin et Bruce Welch essayèrent pourtant, au travers d’un groupe appelé Marvin-Welch and Farrar, de se débarrasser de leur ancienne image au début des années soixante-dix. Leurs albums vocaux, superbes, furent applaudis par la critique mais sur scène, le public ne cessait de réclamer leurs anciens hits. En dehors du groupe, Brian Bennet devint -et demeure aujourd'hui-un compositeur de musiques de films reconnu. Bruce Welch se consacra à la production et lança Olivia Newton John et relança la carrière de Cliff Richard en 1976 avec "I'm nearly famous". John Rostill, bassiste des Shadows, depuis 1963, mourut électocuté en 1973 après avoir tourné quatre ans avec Tom Jones. Il ne connut pas le succès commercial énorme de trois de ses compositions devenues ensuites des tubes par Olivia Newton John. Pour l’anecdote, deux de ses compositions figuraient aussi sur l'ultime album d'Elvis Presley. John Farrar quitta l'Angleterre pour se concentrer sur la carrière d'Olivia Newton-John, véritable "produit" de l'écurie Shadows. On lui doit, entre autre le planétaire "You're the one that i want".
Dans les années quatre-vingts, les Shadows se reformèrent à la faveur du succès phénoménal de leur compile « Twenty golden hits », deuxième vente de l’année en Grand-Bretagne en 1977, directement suivi d'un autre n°1 ("String of hits") et un top 5 ("New string of hits"). Passant chez Polydor, ils assurèrent leurs vieux jours par un contrat juteux. Chaque album sorti à cette époque reçut une telle promotion publicitaire qu’à tous les coups, le label or ou platine était assuré. Côté artistique, malheureusement, on reste sur sa faim : il s’agissait de reprises sans âme de hits ou de standards. Les Shadows ne cherchaient plus à prouver quoi que ce soit. Deux ou trois exceptions sont à signaler et valent le déplacement: "Shades of rock" en 1971 et "Rocking with curly leads" deux ans plus tard. Ventes mineures sans doute mais une réelle créativité. Dans les années quatre-vingts-dix heureusement, Hank Marvin se lança définitivement dans une carrière solo. Certains albums étaient réellement excellents comme "Into the Light", "Hank Plays Holly" ou encore l’acoustique "Guitar Player". Pas encore complètement rangé des voitures en 2007, Hank Marvin enregistra un duo avec Jean-Pierre Danel sur l'album de ce dernier "Guitar Connection 2". En juin 2007, Universal sort "Guitar man", un album qui jouit d'une bonne promotion télé en Grande-Bretagne. En deux semaines, l'album est sixième au "top 50". L'ensemble est peu inspiré. Bien sûr, les amateurs se réjouiront-et à raison- d'entendre la "golden touch" du maître mais la plupart des arrangements qu'il propose sur ce travail ne surprennent guère. Hank Marvin semble avoir aujourd'hui définitivement dit adieu aux Shadows. Actuellement, on peut encore l'admirer au sein d'une formation de jazz: "Le Hank Marvin's gypsy quartet". Le 10 mai dernier, il se produisait au festival international de Jazz de Bunburry. Techniquement, ceux qui ont pu l'écouter lors de ses prestations précédentes, le disent meilleur que jamais... Même si le succès commercial n’est en rien un signe de talent, signalons tout de même que lors d’un calcul vieux de quelques années, Hank Marvin était l’artiste étant demeuré le plus de temps dans les hit-parades anglais : 303 semaines avec les Shadows, 328 avec les Shadows accompagnant Cliff Richard et 9 en duo avec Cliff sur "Throw Down A Line", etc.- Au total : 640 semaines!
Albert Warnotte


