Ghost Town

Un article de Unplugged Cafe.

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Ghost Town
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CD par Bill Frisell
Année de sortie 2000
Genre Jazz
Durée min
Producteur [[]]
Label Nonesuch
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Titres

1. Tell Your Ma, Tell Your Pa 2. Ghost Town/Poem For Eva 3. Wildwood Flower 4. Creep 5. Variation On A Theme (Tales From The Farside) 6. Follow Your Heart 7. I'm So Lonesome I Could Cry 8. What A World 9. My Man's Gone Now 10. Outlaw 11. When I Fall In Love 12. Big Boh 13. Winter Always Turns To Spring 14. Justice And Honor 15. Fingers Snappin' And Toes Tappin' 16. Under A Golden Sky

Critiques

Critique Webmaster

C'est à l'aide de ses instruments fétiches; guitare électrique, acoustique et banjo que Bill nous décrit à sa façon une "ville fantôme" puisque c'est le titre de cet album. Plus généralement, ce CD est une mise en musique du Far West. En fermant les yeux, on s'imagine un cow-boy arpentant les chemins du grand ouest. Le cow-boy était contrarié mais pas désespéré (Ghost town/Poem for Eva); il avait le blues (I'm so lonesome I could cry), qu'importe il continuait sa route inlassablement jusqu'à ce qu'il rencontre une ville perdue au fin fond du désert. C'est ainsi que l'artiste enchaîne radicalement les registres d'un titre à l'autre passant de la mélancolie à des sentiments plus sombres (What a world) où l'auditeur perd tout repère musical. Dès lors, on se trouve gagné par une impression de grande tristesse à la limite du glauque. La guitare évoque la mort et ses bâtiments fantômes oubliés. Les repères s'effacent et on se trouve comme projeté sur mars (Outlaw). Et puis le banjo apparaît de temps en temps (When I fall in love), ponctuant l'album comme une note d'espoir, et nous rappelle qu'il y avait de la vie dans ces saloons abandonnés. Malgré tout, dans la plupart des cas, le jeu se veut minimaliste, dépouillé et long comme pour insister sur cet état d'abandon. Et de nouveau une alternance avec une sonorité d'une extrême tristesse (Winter always turns to spring). La fin (Under a golden sky) se termine comme un épilogue, étrange, lancinante comme si toute cette expérience musicale n'avait été en définitive qu'un mirage...

Frisell, une fois de plus, brouille les cartes avec un incroyable talent. L'album, sombre et très contrasté, ferait une très bonne musique de film. A apprécier pour les connaissseurs.

--Cédric